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Christine Maigne

Christine Maigne (France)

White pulse / 2016

Une masse blanche se déploie sur le sol et s’impose dans la pénombre. Lorsqu’on tourne autour on est attiré et fasciné par sa pulsation rythmée et organique qui creuse et gonfle sa surface au son d’une sorte de souffle. La matière minérale et granuleuse semble respirer, elle diffracte la lumière, la contient parfois et renvoie des éclats épars.
White Pulse est une installation vidéo dans laquelle la projection au sol adhère à un tapis de sel. La vidéoprojection semble absorbée par la matière et s’y fondre de sorte que la lumière semble en émaner. Le mouvement virtuel qui est créé, constitué d’ombres et de modelés de matière blanche poudreuse semble sans échelle et référence précise et laisse une lecture ouverte de la nature du phénomène. Nous pouvons y percevoir des manifestations organiques naturelles, une membrane de synthèse qui s’anime, ou même des mouvements géologiques. Cette indéfinition crée une confusion qui confère à l’œuvre une relation trouble au naturel.
Dans la continuité de son œuvre, Christine Maigne appréhende avec « White pulse » des phénomènes organiques génériques, tels ses pousses et développements de tiges élémentaires, de trous, de cloques ou de taches…
Une première version de cette œuvre a été présentée à la galerie NextLevel en 2016.

White pulse

Christine Maigne vient d’une région de volcans, il ne faut pas l’oublier. Elle sait que la terre ne se contente pas de tourner – e pur si muove – elle peut aussi parfois exploser, couler, éjecter des gaz, se transformer en fontaine de lave. De là ce quelque chose de subversivement éruptif de ses œuvres. De là peut-être aussi la singulière puissance d’apparition de White Pulse, que l’on pouvait découvrir récemment dans une galerie de la rue Charlot, à Paris

Vous entrez dans une pièce obscure qu’emplit un souffle enregistré. Ce halètement vous semble familier ? Erreur. Il sourd de très très loin. Dans le noir se découpe un rectangle blanc poudreux. Sous ce lac calme en apparence, la matière est affairée à quelque chose. Elle semble se soulever contre elle-même. Une poussée sans bord la bat sur son propre terrain. Cette palpitation alliée à une pureté formelle compose un imaginaire à la lisière de la figuration. On songe à la soupe primitive dans son chaudron magique. Comment la vie est-elle apparue ? Sa naissance, quand on y réfléchit, a quelque chose de presque aussi sidérant que le big bang. Le sommeil des volcans engendre des rêveries de gaz, de fontaines ardentes, mais aussi de sourde activité, de courants magnétiques, de connexions souterraines, de bourgeonnements élémentaires.

D’après la légende, Empédocle, au sommet de l’Etna, s’est jeté, dans ses entrailles brulantes. Etait-il fatigué de vivre ? Mystère. Christine Maigne, elle, a opté pour une apologie de la vie. White pulse est une œuvre intimiste qui nous parle de quelque chose plus intérieure que l’intériorité elle-même. Il faut imaginer Empédocle parvenu au sommet d’un volcan froid, revigoré par son ascension, son pouls redevenant régulier,  retrouvant son souffle, revivant.

Philippe Arnaud

Portrait par Laurence Godart

Christine Maigne travaille les notions de pousse et d’organicité à différentes échelles et dans des contextes divers. Ses installations ont été montrées en France et à l’étranger, en particulier à Montréal («Le potager» avec la galerie Vox, La «Leçon de jardinage» à Articule ou «Eruption» à Dare Dare). Ses expositions personnelles ont souvent été l’occasion de réaliser des projets in situ qui englobent tout l’espace, comme ses «Implants» à « L’H du Siège » de Valenciennes lors d’une exposition résidence en 2005, «Rémanence» à l’Artothèque de Caen en 2010, ou encore « Le bug », une installation vidéo réalisée avec l’espace
Camille Lambert à Juvisy-sur-Orge en 2006. Elle a également été l’auteur de plusieurs œuvres publiques, «Le champ d’expériences» à Anger en 2001, « Eclosion » dans le jardin d’une école en Normandie en 2012 présentée aux Journées du Patrimoine en 2015 qui articule des modelés de terrain végétal à des éléments en béton brut, « Cupules » dans le jardin d’un collège en Essonne en 2012, ou cette année «Raies» à Orly, un projet en intérieur. Elle développe en atelier un travail plus intimiste présenté dans son exposition personnelle « In vitro » à la Galerie NextLevel en 2014.

Pour plus d’informations : www.christinemaigne.fr

EXPOSITION, du 16 mars au 1er avril
Salle Gilbert Gaillard
2 rue Saint-Pierre, Clermont-Ferrand

Du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h, dimanche de 14h à 18h
Tram ligne A arrêt Gaillard
Tél. 04 73 40 87 20

 

Salle Gilbert Gaillard